{"id":2299,"date":"2009-10-15T10:05:39","date_gmt":"2009-10-15T09:05:39","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.cronicaelectronica.org\/?p=2299"},"modified":"2009-10-13T10:07:32","modified_gmt":"2009-10-13T09:07:32","slug":"rif-raf-profiles-cronica","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/blog.cronicaelectronica.org\/?p=2299","title":{"rendered":"Rif Raf profiles Cr\u00c3\u00b3nica"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/blog.cronicaelectronica.org\/wp-content\/uploads\/2009\/10\/GintasK_Rifraf_Oct09.jpg\" alt=\"GintasK_Rifraf_Oct09\" title=\"GintasK_Rifraf_Oct09\" width=\"260\" height=\"423\" class=\"alignnone size-full wp-image-2301\" srcset=\"http:\/\/blog.cronicaelectronica.org\/wp-content\/uploads\/2009\/10\/GintasK_Rifraf_Oct09.jpg 260w, http:\/\/blog.cronicaelectronica.org\/wp-content\/uploads\/2009\/10\/GintasK_Rifraf_Oct09-159x260.jpg 159w\" sizes=\"auto, (max-width: 260px) 100vw, 260px\" \/><br \/>\nPort\u00c3\u00a9 sur les fonds baptismaux en 2003, le label portugais Cr\u00c3\u00b3nica est v\u00c3\u00a9ritablement issu de la rencontre entre les musiques \u00c3\u00a9lectroniques et les cultures digitales. A l\u00e2\u20ac\u2122instar des multiples installations et collaborations qui entrecroisent monde des arts plastiques, pratiques sc\u00c3\u00a9niques et univers musical, la maison de Porto s\u00e2\u20ac\u2122inscrit dans une d\u00c3\u00a9marche souvent radicale, certes. Elle est toutefois, et plus souvent qu\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a0 son tour, une immense bouff\u00c3\u00a9e d\u00e2\u20ac\u2122oxyg\u00c3\u00a8ne libre dans un monde o\u00c3\u00b9 les conformismes de tous les suiveurs ont bien trop souvent pignon sur rue.<\/p>\n<p>Emanation du trio, aujourd\u00e2\u20ac\u2122hui duo, @c, Cr\u00c3\u00b3nica est issu de l\u00e2\u20ac\u2122imaginaire fertile de deux de ses fondateurs Miguel Carvalhais et Pedro Tudela, avides de mettre sur pied \u00c2\u00ab une plateforme pour r\u00c3\u00a9aliser, distribuer et promouvoir leurs propres r\u00c3\u00a9alisations et celles d\u00e2\u20ac\u2122autres activistes ayant les m\u00c3\u00aames pr\u00c3\u00a9occupations esth\u00c3\u00a9tiques\u00e2\u20ac\u2122 \u00c2\u00bb (interview parue dans la magazine MCD n\u00c2\u00b022, juin 2004). Enti\u00c3\u00a8rement fond\u00c3\u00a9 sur une vision num\u00c3\u00a9ris\u00c3\u00a9e de la musique qui tient cependant plus de la performance multim\u00c3\u00a9dia que de l\u00e2\u20ac\u2122art de faire danser les foules, le catalogue de la maison lusitanienne s\u00e2\u20ac\u2122est enrichi d\u00e2\u20ac\u2122une quarantaine de titres, dont le fameux \u00e2\u20ac\u02dcHappiness Will Befall\u00e2\u20ac\u2122 de notre Australien pr\u00c3\u00a9f\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9 Lawrence English ou le plus ambient \u00e2\u20ac\u02dcHidden Name\u00e2\u20ac\u2122 des excellents Stephan Mathieu et Janek Schaefer. Les trop rares spectateurs pr\u00c3\u00a9sents un soir de f\u00c3\u00a9vrier au Netwerk d\u00e2\u20ac\u2122Alost ont pu le v\u00c3\u00a9rifier, la tr\u00c3\u00a8s bonne r\u00c3\u00a9putation du label n\u00e2\u20ac\u2122est pas un vain mot, comme en t\u00c3\u00a9moignent trois sortes r\u00c3\u00a9centes, dont le magnifique \u00e2\u20ac\u02dcLovely Banalities\u00e2\u20ac\u2122 de Gintas K, notre recommandation absolue du moment.<\/p>\n<p>Disponible en t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9chargement libre, avis aux aficionados fauch\u00c3\u00a9s de la noise ambient, le double album \u00e2\u20ac\u02dcCompilation Works 1996-2005\u00e2\u20ac\u2122 retrace le parcours hautement agnostique du producteur allemand Marc Behrens. Premi\u00c3\u00a8re sortie sur le web autoris\u00c3\u00a9e par son auteur, les dix-neuf projets nous entra\u00c3\u00aenent dans un &#8211; parfois &#8211; \u00c3\u00a9prouvant voyage \u00c3\u00a9lectronique, aux fronti\u00c3\u00a8res mall\u00c3\u00a9ables et translucides. Entre r\u00c3\u00a9interpr\u00c3\u00a9tations d\u00e2\u20ac\u2122artistes contemporains (John Hudak, TV Pow, Ilios et quelques autres) et retours sur ses propres compositions, la toute grande majorit\u00c3\u00a9 des tracks pr\u00c3\u00a9sent\u00c3\u00a9es est &#8211; avant tout &#8211; pleinement conceptuelle. A l\u00e2\u20ac\u2122instar du morceau initial, d\u00c3\u00a9di\u00c3\u00a9 &#8211; et oui &#8211; \u00c3\u00a0 la Coca-Cola Company, la mati\u00c3\u00a8re sonore s\u00e2\u20ac\u2122applique en transformer en instants audibles des \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9ments inaudibles, au sens premier du terme (la lumi\u00c3\u00a8re, dans le cas pr\u00c3\u00a9sent, est convertie en sons, cela donne une splendide fluidit\u00c3\u00a9 qui \u00c3\u00a9voque les installations sonores de l\u00e2\u20ac\u2122artiste fran\u00c3\u00a7ais Denys Vinzant). A l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9vidence, la patience est de prime vertu quand on aborde l\u00e2\u20ac\u2122abstraction behrensienne. Tant\u00c3\u00b4t aux prises avec le non-\u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nement, r\u00c3\u00a9fugi\u00c3\u00a9e entre silence et chaos, la vision d\u00c3\u00a9velopp\u00c3\u00a9e par l\u00e2\u20ac\u2122homme de Francfort ne laisse pas de poser des questions sur la notion m\u00c3\u00aame de mati\u00c3\u00a8re musicale. Pleinement idiosyncrasique et bruitiste, son oeuvre \u00c3\u00a9volue, n\u00e2\u20ac\u2122ayons pas peur des mots, dans les marges de la marge. Quelque part aux extr\u00c3\u00a9mit\u00c3\u00a9s d\u00e2\u20ac\u2122une plan\u00c3\u00a8te peupl\u00c3\u00a9e de tous les Yasuano Tone et Gert-Jan Prins en devenir, l\u00e2\u20ac\u2122ampleur de son regard distanci\u00c3\u00a9, voire intellectualisant et narcissique, demandera \u00c3\u00a0 l\u00e2\u20ac\u2122auditeur &#8211; quoiqu\u00e2\u20ac\u2122il en soit &#8211; un effort certain de compr\u00c3\u00a9hension, voire d\u00e2\u20ac\u2122abandon de soi. A vous de juger, d\u00e2\u20ac\u2122autant que son \u00c3\u00a9coute n\u00e2\u20ac\u2122all\u00c3\u00a8gera votre portefeuille du moindre centime.<\/p>\n<p>Second effort de l\u00e2\u20ac\u2122artiste sonore lituanien Gintas K, \u00e2\u20ac\u02dcLovely Banalities\u00e2\u20ac\u2122 est nettement plus int\u00c3\u00a9ressant \u00c3\u00a0 notre point de vue. Successeur du tr\u00c3\u00a8s bon double album \u00e2\u20ac\u02dcLengvai \/ 60 x One Minute Audio Colours Of 2 kHz Sound\u00e2\u20ac\u2122, le disque est tout sauf&#8230; banal. Compos\u00c3\u00a9 de quatorze miniatures que l\u00e2\u20ac\u2122auteur n\u00e2\u20ac\u2122h\u00c3\u00a9site pas \u00c3\u00a0 comparer aux \u00e2\u20ac\u02dcTableaux d\u00e2\u20ac\u2122une Exposition\u00e2\u20ac\u2122 du compositeur russe romantique Moussorgsky, l\u00e2\u20ac\u2122oeuvre alterne moments de musique digitalis\u00c3\u00a9e et field recordings &#8211; le cours d\u00e2\u20ac\u2122une rivi\u00c3\u00a8re, la pluie &#8211; enregistr\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 Marijampole, ville de r\u00c3\u00a9sidence de notre homme. Certains titres sont absolument remarquables de justesse harmonique et de pr\u00c3\u00a9cision dynamique. Ainsi, l\u00e2\u20ac\u2122introductif \u00e2\u20ac\u02dcIn\u00e2\u20ac\u2122 int\u00c3\u00a8gre en toute fantaisie une menace extra-terrestre bourdonnante \u00c3\u00a9prise d\u00e2\u20ac\u2122Andrei Tarvosky et de bruits \u00c3\u00a9pars, dont un drone obs\u00c3\u00a9dant bien que familier. Le second titre \u00e2\u20ac\u02dcQ\u00e2\u20ac\u2122 est tout aussi r\u00c3\u00a9ussi. Evoquant la pulsation d\u00e2\u20ac\u2122un t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9phone qui sonne occup\u00c3\u00a9 revisit\u00c3\u00a9 par les Boards of Canada, la track est travers\u00c3\u00a9e par un brouillard \u00c3\u00a9pars d\u00e2\u20ac\u2122o\u00c3\u00b9 l\u00e2\u20ac\u2122on s\u00e2\u20ac\u2122attend \u00c3\u00a0 voire surgir le commandant Spock aux manettes d\u00e2\u20ac\u2122HAL 9000. Travers\u00c3\u00a9, d\u00e2\u20ac\u2122une mani\u00c3\u00a8re plus globale, de ses sonorit\u00c3\u00a9s banales &#8211; au sens le plus \u00c3\u00a9tymologique &#8211; du quotidien, \u00e2\u20ac\u02dcLovely Banalities\u00e2\u20ac\u2122 n\u00e2\u20ac\u2122est cependant pas qu\u00e2\u20ac\u2122une exploration de plus des non-\u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nements d\u00e2\u20ac\u2122une vie sans relief. Puis\u00c3\u00a9 dans une inspiration jusque dans ses meilleures sources, l\u00e2\u20ac\u2122essai emprunte autant \u00c3\u00a0 alva noto (\u00e2\u20ac\u02dcSomething In The Grass\u00e2\u20ac\u2122) qu\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a0 Svarte Greiner ou Lawrence English (\u00e2\u20ac\u02dcHH3\u00e2\u20ac\u2122), sans m\u00c3\u00aame parler des \u00c3\u00a9videntes connections d\u00c3\u00a9poussi\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9es avec la maison Editions Mego, (\u00e2\u20ac\u02dcC2\u00e2\u20ac\u2122, \u00e2\u20ac\u02dcJust 1\u00e2\u20ac\u2122). Vous l\u00e2\u20ac\u2122aurez compris, nous sommes &#8211; tr\u00c3\u00a8s &#8211; tr\u00c3\u00a8s fans.<\/p>\n<p>En t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9chargement libre, elle aussi, la troisi\u00c3\u00a8me sortie de l\u00e2\u20ac\u2122ann\u00c3\u00a9e de l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9tiquette portugaise est compl\u00c3\u00a8tement invraisemblable. Condens\u00c3\u00a9e en 4GB de donn\u00c3\u00a9es informatiques, l\u00e2\u20ac\u2122int\u00c3\u00a9gralit\u00c3\u00a9 des morceaux pr\u00c3\u00a9sents sur \u00e2\u20ac\u02dc1001 Songs of eBay\u00e2\u20ac\u2122 tient, accrochez-vous au lustre, en deux jours, trois heures, quarante et une minutes et vingt six secondes, pauses clope et visite au frigo non comprises. Parfaitement invraisemblable, d\u00e2\u20ac\u2122une loufoquerie d\u00c3\u00a9mentielle dont on ne sait trop s\u00e2\u20ac\u2122il faut l\u00e2\u20ac\u2122admirer ou la moquer, la d\u00c3\u00a9marche est le fait de la collaboration du collectif viennois Ubermorgen.com et de l\u00e2\u20ac\u2122artiste tout autant viennois Stefan Nussbaumer. Pleinement en ad\u00c3\u00a9quation avec la recherche des premiers en mati\u00c3\u00a8res de s\u00c3\u00a9curit\u00c3\u00a9 informatique et de respect de la vie priv\u00c3\u00a9e, les mille et unes tracks transforment les donn\u00c3\u00a9es personnelles d\u00e2\u20ac\u2122utilisateurs d\u00e2\u20ac\u2122eBay \u00e2\u20ac\u201c vous, moi, tout le monde \u00e2\u20ac\u201c en des morceaux electronica \u00c3\u00a9tonnamment, croyez-le ou pas, minimal dance. Toujours appuy\u00c3\u00a9s par des beats secs d\u00e2\u20ac\u2122une \u00c3\u00a9tonnante teneur squelettique, elles ne sont pas \u00c3\u00a9voquer le label Raster-Noton, les rythmiques saccadent des restes de m\u00c3\u00a9lodie clairsem\u00c3\u00a9es et pourtant vivaces. Toutefois, et pour la petite centaine de plages que nous avons \u00c3\u00a9cout\u00c3\u00a9es, la tr\u00c3\u00a8s forte ressemblance entre les diverses pi\u00c3\u00a8ces force \u00c3\u00a0 un exercice d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9quilibre post- autechrien difficilement soutenable sur la longueur. On renverra donc aux s\u00c3\u00a9lections propos\u00c3\u00a9es sur le site du label, chacune d\u00e2\u20ac\u2122un volume de 60 MB et variable selon le moment du t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9chargement. <em>Fabrice Vanoverberg<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Port\u00c3\u00a9 sur les fonds baptismaux en 2003, le label portugais Cr\u00c3\u00b3nica est v\u00c3\u00a9ritablement issu de la rencontre entre les musiques \u00c3\u00a9lectroniques et les cultures digitales. 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