“Ification” reviewed by STNT

Ification
Ification est le plus récent des travaux de Peter Votava / Pure (actif, précisons-le, depuis presque vingt ans et qui a réalisé des albums sur des labels aussi prestigieux que Mego et Staalplaat (et pour mon plaisir, un split avec Ultra Milkmaids)). Globalement, cet album apparaît comme moins aquatique que Noonbugs, sorti sur Mego, plus nébuleux aussi. Mais toujours et plus organique, dronisant, sombre, fantomatique, fortement résonnant.

Qu’on ne s’y trompe pas. Si la dominante de ces compos, c’est avant tout le drone, les drones, Ification n’en est pas moins et paradoxalement un album très rythmique. Évidemment grâce au rythme percussif, qui, s’il est mixé au second plan, n’en est pas moins méticuleusement composé ; il insuffle beaucoup de relief – de vie – aux compositions. On est ici loin des répétitions binaires, si faciles, si lassantes, si décoratives…. Sont au contraire privilégiées l’asymétrie et la liberté. Atypique dans cet album, le morceau d’ouverture Fire, illustre pourtant parfaitement cette approche du rythme (les silences qui entrecoupent les modulations de samples de guitares ne sont jamais les mêmes, ni en terme durée, ni en terme de résonance). Après, les drones eux-mêmes, outre évidemment qu’ils jouent sur les textures, les harmoniques, etc., jouissent de la même recherche rythmique. Il ne s’agit pas de pulsations répétitives, mais bien de MOUVEMENTS.

Un des points forts de cet album, Approximation , rappelle nettement par ses sonorités classico-contemporaines le Giacinto Scelsi de Quattro pezzi su una nota sola. Pour les reste, et malgré sa cohérence, Ification ne cesse le jeu des références (plus qu’incartades) aux musiques actuelles, intégrant samples de guitares électriques, batterie (free, of course!), vocaux, sonorités noise, indus, concrètes, contemporaines, etc., histoire peut-être de montrer que son identité se trouve bien au delà des étiquettes. La musique de Pure -et Ification plus que jamais – est dédiée au mouvement, à la progression, toujours à travers des textures et des contours organiques, tout en variations, développements et métamorphoses, jamais par des ruptures. Et ce n’est pas autre chose que traduit l’excellent packaging de cet album. Fave. Yann

via STNT

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