“Double Exposure” reviewed by D-Side

Double Exposure
Artiste versatile, le Britannique Janek Schaefer évolue en permanence sur la ligne entre la création musicale et le monde de l’art, son oeuvre pouvant tout autant être destinée à une publication « traditionnelle », qu’à accompagner une installation in-situ. Dans ces contextes très variés, Schaefer n’hésite en outre pas à s’adapter aux circonstances et au contexte pour créer une oeuvre polychrome, au sein de laquelle les manipulations de vinyle et les fields recordings se taillent souvent la part du lion. Présenté comme un double vinyle organisé en quatre faces distinctes, alors qu’il n’est disponible que sous la forme d’un téléchargement, Double Exposure prend un malin plaisir à brouiller les pistes, à se jouer du statut même de l’objet, physique ou sonore, puisque nombre de ces titres ont eux-mêmes été composés au départ dans un contexte purement virtuel, et de la reconnaissance, ou non, d’éléments déjà croisés par ailleurs. Car comme toute compilation, Double Exposure propose en grande partie des titres composés pour d’autres supports au cours des six dernières années, comme un « Broadstairs Children Piano Trio » tiré de la compilation digitale Mus*****c, où une boucle trouvée et fortement dégradée évoque une mémoire faillible, un « Unfolding Honey » mélancolique et lumineux offert initialement sur la compilation anniversaire 10 qui célébrait les dix ans du label Room40 ou le très chargé « Exposure » composé pour le site Arctic Circle. Mais à côté de ces titres, que les fans de Schaefer connaissent sans doute déjà, se cachent ici d’autres merveilles introuvables jusque ici, comme le requiem pour J.G Ballard, « Inner Space Memorial » écrit pour une installation à l’occasion de la mort de l’auteur anglais, un « City of Dreams – Theme Tune » joué dans un moulin désaffecté de Bradford ou un titre composé pour une installation dans laquelle des voitures servaient de système de diffusion dans un supermarché désert et consacré à la problématique du pic pétrolier à travers un spoken word de l’auteur et militant Richard Heinberg. Autant de concepts qui viennent ici nourrir les paysages sonores denses et mélancoliques de Schaefer, où des nappes érodées, des fragments de mélodie et des détails magnifiés (le craquement des platines, le souffle de la poussière), forment des surfaces hypnotiques et comme réchappées du monde. Une « double exposition » qui incite à bien plus, à chercher, dans la jungle des liens internet donnés en accompagnement tout le contexte, visuel et sonore des oeuvres présentées et réunies ici. Jean-François Micard

via D-Side

This entry was posted in Reviews and tagged , . Bookmark the permalink. Comments are closed, but you can leave a trackback: Trackback URL.
  • Tags

  • Categories

  • Archives