“Leise” reviewed by Octopus

Difficile quand on est un musicien électro-acoustique, qu’on traîne en permanence dans un environnement de feuilles de métal polies(ou dépolies), de bouts de bois, de papier, de plastique, à guetter l’interaction sonore impromptue qui dériverait de l’expérience, difficile donc de ne pas susciter la curiosité de sa petite fille de 5 ans, irrémédiablement tentée par les jeux de manipulation qui s’offrent si facilement à elle. Franz de Waard, mentor du label Staalplaat et défricheur de matières au sein du projet Kapotte Muziek, s’est donc trouvé bien étonné quand sa petite Elise lui a fait part de son désir de « pratiquer » à son tour. Qu’à cela ne tienne, l’expérience de sa fille en nourrira bien une autre. C’est ainsi que démarre l’aventure Leise (« tranquille » en allemand, mais également un anagramme du prénom Elise), troisième floraison de Freiband, sans doute l’incarnation la plus personnelle – émotionnelle en tout cas – des projets musicaux du musicien hollandais (il ne faudrait en effet pas oublier les plus électroniques Goem et Beequeen).

Une fois enregistrées, les frasques sonores de la petite Elise ont été progressivement retravaillées à l’occasion de performances live qui ont vu l’ordinateur ordonner et structurer la matière en jouant de l’articulation des sons bruts de sa fille et de l’agencement feutré caractéristique du son « laptop ». Entre frémissement et fragmentation, un nouveau paysage se met donc en place, fragile et envoûtant, à l’image des ondulations organiques qui animent subrepticement “Rammel”. Quand l’introspection musicale renvoie à la plénitude familiale, on se dit qu’après tout la musicologie vaut bien la pédiatrie.

Laurent Catala

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