“King Glitch” reviewed by Etherreal

Il y a un peu plus de six mois, on découvrait Heimir Björgulfsson, déjà chez Cronica aux côtés de Pimmon et Helgi Thorsson pour un live à trois, arrangé par Main. Au sein du trio, on avait un peu de mal à dissocier le travail de chacun, mais il s’agissait là de l’un des disques les plus expérimentaux du label portugais. On retrouve l’Islandais ici avec le Suédois Jonas Ohlsson, et ce nouveau duo nous propose cette fois le disque le plus facile d’accès de chez Cronica.

King Glitch est un OVNI sorti de la collaboration entre deux hommes aux parcours très différents, à tel point qu’on se demande comment ces deux hommes ont pu se rencontrer et décider de travailler ensemble. King Glitch n’est pas leur coup d’essai, puis qu’il s’agit de leur troisième album après Unspoken Word Tour chez Staalplaat et Fur Yours Bears Only chez Bottrop Boy. Si Björgulfsson est dans le domaine de l’expérimental sans concession, les field recordings retraités, l’électro-acoustique, Ohlsson a été marqué par la musique industrielle à la fin des années 80, les Residents, Whitehouse, ou :Zoviet France:.

Le fruit du travail en commun entre ces deux hommes est à l’image de la collision entre leurs parcours respectifs. On se demande d’abord ce que c’est que ce truc, si c’est un bien un disque sorti chez Cronica. Certes, il s’agit bien d’une musique hors norme, expérimentale, avec des cascades de crépitements et autres glitchs sur Bridge over river Glitch qui ouvre l’album, mais ses sonorités électro franches et ludiques, un peu kitsch, cette boite à rythme sortie d’une autre époque, donne un ton complètement inattendu.

La première moitié de l’album enchaîne les expériences en tout genre sur de très courtes pièces : gazouillis électroniques et batterie filtrée (Elephantus of The Armpi), piano électrique et rythmique lourde (Bring Him Up to Now), piano ambient et ronronnement de machines ou crissements numériques (Spelled Thru, 23 People Gathered in Our Studio), voix hésitantes et électro minimale (Midget in My Car). La deuxième partie de l’album enchaîne des tubes improbables, les deux artistes sortent leurs claviers et produisent des sonorités brutes, purement électroniques, qu’ils organisent tantôt de façon abstraite, évoquant alors les premières musiques électroniques sorties de l’IRCAM ou du GRM, tantôt sous forme de mélodie faciles et répétitives, addictives, putassières et jouissives. Missing God & Mister Mysterious est taillé pour un dancefloor ou l’on croiserait des geeks et des robots, tandis que Hidden Track, tout aussi dansant clôture l’album de façon un peu plus aérienne.

N’ayant pas peur des mélanges les plus risqués, les deux hommes produisent également quelques jingles rétros et sautillants (Our Fantasy is Stronger Than Yours), ou un titre mêlant basses industrielles 80s et orgues jazz 70s sur le séduisant King Glitch.

Un disque comme on en trouve trop peu, complètement halluciné. Mettez les Dat Politics et Laurent Garnier dans un studio avec Pita comme chez d’orchestre, et vous devriez obtenir quelque chose comme King Glitch.

Fabrice Allard

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