“Sleppet” reviewed by Etherreal

Sleppet
Déjà 20 ans d’activité pour l’artiste allemand dont nous parlons ici pour la première fois alors qu’il apparaît assez régulièrement sur le label portugais Crónica. Behrens est un musicien touche à tout, notamment auteur d’installations sonores. Sleppet a été composé dans le cadre d’un projet d’art sonore qui s’est déroulé en Norvège courant 2007 avec notamment des artistes tels que Natasha Barrett, Chris Watson ou Jana Winderen. Durant un voyage de 10 jours les artistes devaient enregistrer des sons locaux qui seraient présentés sous forme de pièces musicales ou d’installations.

Sleppet est composé de quatre pistes d’environ 10mn chacune, dont les titres sont purement descriptifs. L’album s’ouvre donc sur les cris de mouettes de Seagulls and Cattle qui surprend assez rapidement alors que des crissements de laptop semble s’immiscer au sein des field recordings. Ce sont ensuite des cris puissants et stridents qui prennent le dessus, laissant à penser que les enregistrements ont ensuite largement été traités, transformés. A mi-parcours ce sont des grognements et coups sourds qui apparaissent pour un univers tout aussi angoissant, stressant, l’artiste révélant une part de monstruosité chez ces bovins.

Le procédé semble être assez différent sur Avalanches, Water And Stones puisque l’on a l’impression d’écouter un field recording brut, quoique assez dense, mêlant des crépitements qui sont le fruit d’éboulis lointains, froissements végétaux, chants d’oiseaux, et coups sourds de roches qui roulent et tombent sur un tapis de verdure avant de finir leur course dans une rivière. Même chose pour Glacier, bien qu’ici on parvienne plus difficilement à faire le lien entre le son et sa source, avec l’impression d’entendre régulièrement un bruit de moteur au milieu de craquements de glace et écoulements d’eau.

Dernière partie avec Sheep and Industry qui semble avoir été enregistré dans une usine, une scierie peut-être, avec des sons venant de l’extérieur quand les machines se taisent. Alternance de bruit et de silence ambiant, puis de fins traitements au laptop, mais des moutons apparemment bien cachés !

À l’image de la pochette, Sleppet se situe entre document et subtiles transformations de la réalité, rendant l’¦uvre assez difficile à cerner. 4/8 Fabrice Allard

via Etherreal

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