Après une petite escapade chez Baskaru (Music For Empty Spaces), le duo @C retourne sur ses terres pour trois nouvelles pièces librement téléchargeables sur le site de Cronica. Trois longues pièces électroniques de plus d’une demi heure chacune. Quant à les expliquer, il faudrait sans doute avoir beaucoup de temps devant soi. Pour autant et pour essayer de rester synthétique, @C est toujours dans une veine expérimentale où le field recordings, l’ambiant, des ambiances post-industrielles, des mélodies digitales et glaciales sont les centres d’intérêts de ce disque. Bien entendu, rien n’est jamais simple et il n’est aucunement question de linéarité dans le cas de Homem Fantasma. On parlera plutôt d’exploration sonore, de recherche auditive, d’évocation abstraite. Tout ce dont Pedro Tudela et Miguel Carvalhais ont toujours fait depuis leur première expérience commune en 2001. Evidemment, il y peut y avoir plusieurs lectures à Homem Fantasma. Les trois compositions que sont 78 (a+b), 79 et 80 peuvent s’appréhender sur plusieurs niveaux de compréhension. Il est alors tout à fait inutile de les prendre frontalement. Le risque serait alors de passer à côté de l’essentiel de chacune d’entre elles.
Autant Homem Fantasma peut se montrer monumental autant il peut fourmilier de détails aussi pointilleux que discrets. Les directions prises par le duo, on l’a vu, sont très diverses ce qui évite de tomber dans des lignes trop droites. Non, Homem Fantasma c’est comme un voyage souterrain, une exploration spéléologique ou une fouille archéologique dans des milieux reculés et oubliés de tous. On avance alors, de manière incertaine mais en faisant sans cesse des découvertes à chaque fois que l’on change de strate. @C nous prouve une fois de plus que son imagination est sans limite et que sa capacité à créer de nouveaux paysages sonores l’est tout autant. Disque autant inquiétant que fascinant, Homem Fantasma dégage une force presque surnaturelle dont on se demande si elle a encore une part quelconque d’humanité. On pourra se poser longtemps cette question sans avoir vraiment de réponse sinon celle issue de notre propre interprétation. Homem Fantasma est un disque ouvert, même s’il présente une face plutôt sombre, et comme une bête curieuse, il nous attire immanquablement dans son propre imaginaire. Fabien
via Liability