“eins bis sechzehn” reviewed by Liability

eins bis sechzehn
Où comment passer d’un statut de Dj à celui d’artiste expérimental. Ephraim Wegner est un de ceux-là. Ils ne sont pas forcément nombreux dans son cas et il aurait été sans doute été plus aisé pour lui de continuer sur ses premières amours afin de connaître un tant soit peu de célébrité. Et pourtant, ce sont bien les paysages complexes de la musique concrète, de l’électroacoustique et des musiques cérébrales qu’il a choisi de visiter. Tant mieux pour nous car Ephraim Wegner est assez doué dans ce domaine. Pour ce court album, il s’associe à Julia Weinmann d’une manière un peu particulière. En effet, Weinmann est photographe et elle participe à cet album à sa façon. En fait, le principe de Eins Bis Sechzehn est que le musique et les photos qui l’accompagne dans le boîtier ont été conçues dans des hôtels en ruine. Le but est alors de regarder ces photos tout en écoutant la musique, l’auditeur s’incarnant en une sorte de « touriste » qui contemple des ensembles architecturaux délabrés du passé comme si ils étaient encore pétri de vie. Ainsi, de spectateur nous passons à acteur grâce à l’imprégnation des images et des sons. Pour autant, si l’auditeur devient touriste, il explore des espaces fantomatiques, forcément post-industriels et qui n’ont rien de commun avec le tourisme de masse. C’est le genre de voyage que l’on ne fait pas en groupe mais bien seul, avec une sorte de repli sur soi qui nous oblige à intérioriser nos émotions. On contemple, on écoute, on change de paysage sans avoir l’impression de bouger de la place où l’on s’est placé initialement. C’est comme si on défiait l’espace et le temps. Malgré sa courte durée, Eins Bis Sechzehn exploite parfaitement le temps qui lui est imparti et on en ressort forcément chamboulé. Fabien

via Liability

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