“Hidden Name” reviewed by Etherreal

Stephan Mathieu et Janek Schaefer, deux artistes habitués de ces pages, mais que l’on aimerait aussi croiser un peu plus souvent, et cet album va d’ailleurs nous faire regretter de ne pas les voir plus régulièrement en concert. Histoire de les (re-)situer, Stephan Mathieu était un habitué du label Ritornell, plus récemment croisé chez Häpna, musique ambient puisant son inspiration tous azimut (field recordings, instruments acoustiques, électronique). Janek Schaefer quant à lui marque généralement les esprits par ses concerts avec une platine vinyle à deux bras, travail de mixage, tonalité ambient pour lui également.

Il était finalement normal que les deux hommes se rencontrent et se trouvent des points communs. Se croisant à différentes occasions, concerts et festivals, ils jouent ensemble pour la première fois au printemps 2005, et ce premier essai leur donne envie de poursuivre cette collaboration. Quelques mois plus tard ils passent une semaine ensemble au sud de l’Angleterre, dans la maison d’un compositeur de musique classique, trouvant là de nombreuses sources sonores (piano, violoncelle, trompette, clarinette, disque trouvés dans le grenier) auxquels s’ajoutent des field recordings effectués aux alentours de cette maison.

Que ceux qui seraient allergiques à certains des instruments précédemment cités se rassurent, les traitements sonores rendent souvent ceux-ci méconnaissables. Presque tous les sons opèrent dans un même mouvement, un même objectif qui consiste à créer de grosses nappes oscillantes, aux harmoniques riches, un son envoûtant, occupant tout l’espace sonore. Qu’elles soient composées de courtes boucles répétitives ou d’une seule et même nappe, chacune des onze pièces de cet album est un petit bijou aux milles éclats, une mer infinie aux mouvements incessants. Chaque nappe est composée de plusieurs éléments qui ont leur vie propre et procurent un renouvellement incessant. Parfois quelques bruitages rompent une éventuelle monotonie, des field recordings placés au premier plan comme un clocher sur les deux premières pistes, les craquements de vinyles apportent une certaine chaleur, quelques extraits de vieux disques se distinguent sur Quartet For Flute, Piano and Cello au final particulièrement sombre, mais le bouquet final reste The Planets, une pièce de près de 20 minutes d’ambient ample et planante.

On ne s’attendait pas à voir ces deux “têtes d’affiche” chez Cronica, et cet album est effectivement un disque à part sur le label portugais. Mais Hidden Name occupera aussi une place à part dans notre discothèque.

Disque indispensable.

Fabrice Allard

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