Après les Circonstances de Lena et les Parcelles de Mathias Delplanque tous deux publiés en début d’année sur son propre label, le Français enchaînait avec ces Passeports sortis en partenariat entre Bruit Clair et notre petit chouchou Crónica.
L’album est composé de sept pièces simplement numérotées de Passeport 1 à Passeport 7, avec à chaque fois entre parenthèses le nom d’une ville. Une sorte de musique géotaguée, mais un choix finalement assez habituel quand les field recordings représentent une part importante d’une œuvre sonore. C’est donc du côté de Nantes, Lille ou Dieppe que l’auditeur est baladé, en train dans un premier temps. On s’imagine assez rapidement dans un compartiment, puis c’est le claquement des rails qui apparaît, un klaxon pour terminer ce premier voyage sonore. Les moyens de transports semblent servir de fil rouge avec l’impression d’entendre un hélicoptère à Lille (Passeport 2), de passer dans un tunnel à Nantes (Passeport 4) tandis que des mouettes piaillent à Dieppe (Passeport 3).
Mais ce ne sont pourtant pas ces enregistrements ambiants qui dominent sur ce nouvel album de Mathias Delplanque. En effet l’ensemble du disque est habillé d’un subtil assemblage de nappes et drones, tour a tour soyeux, métallisés, minéraux ou cristallins, conférant à l’album une incroyable dimension ambient. Impression de flotter au dessus de Nantes sur Passeport 6 mixant graves vibrations et lentes oscillations, pour s’achever dans une ambient à la fois limpide et fourmillante de crépitements tout autant électroniques qu’organiques, des strates puissantes, proches de l’accordéon, qui se croisent sans cesse sur le sublime Passeport 3, faisant émerger ici une certaine tension, tonalités plus feutrées, enrichies d’un léger souffle sur Passeport 5 (Lille), pour finir dans le souffle ambient d’une nuit nantaise avec les 12mn de Passeport 7 (Nantes) qui nous apparaitra plus dérangé avec ses bruits de machines, voix brouillées et coups sourds.
Sur la forme, ceux qui connaissent déjà Parcelles 1-10 ne devraient pas être trop surpris par cette nouvelle production. Les sonorités concrètes sont remplacées par des field recordings et les apports mélodiques sont lissés afin de construire des paysages sonores épurés à l’extrême. Un disque magnifique qui ravira tous les fans d’ambient. Fabrice Allard
via Etherreal