Machinefabriek’s “Spelonk” reviewed by Etherreal

Suivi par intermittence sur ces pages, Machinefabriek fait partie de ces artistes trop prolifiques pour assurer des recensions exhaustives de ses publications. C’est donc à l’occasion d’un album sur Crónica (label lui aussi irrégulièrement suivi) qu’on retrouve le musicien néerlandais, près de vingt ans (!) après la dernière chronique d’un disque en solo. Spelonk, avec ses intitulés de morceaux simplement numérotés, s’avance comme une bande-son destinée à des images (film ou spectacle de danse, ce n’est pas précisé) et réalisée avec quelques pédales d’effets, de l’électronique et un oscillateur.

Assez abstrait et minimaliste, le résultat propose tapotements hétéroclites, petits larsens et manipulations diverses, sans jamais que l’ensemble ne sonne comme trop cérébral. De fait, une certaine forme de chaleur, voire d’âme, transparaît en permanence pendant la quarantaine de minutes que dure le disque, même quand des éléments plus métalliques sont mis en avant par Rutger Zuydervelt ou lorsque des notes plus acérées percent le continuum sonore (le milieu de Spelonk II).

Sans jamais verser dans quelque chose de malaisant à écouter, le Néerlandais offre une réflexion sur la combinaison, un peu aléatoire, entre ses différents matériaux, couplant des bidouillages un peu basiques avec des micro-rythmiques ou des simili-larsens. De même, l’appariement, au début de Spelonk III, d’un objet rebondissant (telle une balle de ping-pong) et de bleeps très synthétiques, paraissant presque venir des années 80, rend le propos sympathique et stimulant, tout comme, plus loin, l’association entre un souffle lointain et des touches éparses façon sonar.

via Etherreal

Simon Whetham’s “Successive Actions” reviewed by The Sound Projector

Simon Whetham continues his plan to draw attention to minimal, imperceptible, and overlooked sounds. He’s in the middle of an ongoing kinetic sound performance thing called “Channelling”, of which the CD Successive Actions (CRÓNICA 225) is a part. On it, he repurposes the motors from discarded or broken household objects, and somehow re-activates them by playing sound recordings through them. This entire process results in further sounds, which are amplified with microphones; he re-records and presents them here as 16 short experiments. I’d kinda like to know more about which kind of objects were salvaged from the trash of consumer society, and the methods and techniques by which he sparks them back into life using a jolt of audio juice much like some 21st-century Victor Frankenstein – but this might be irrelevant. I think the chain of reprocessing is what’s important to Whetham, and the layers of recording technology he uses to build that chain. The finished results on Successive Actions are very abstracted, micro-events that seem to have no corresponding analogue in the real world. We enjoyed his (II)nTolerance record a few years ago which was informed by anger and impatience, but no such emotional turmoil here. Ed Pinsent

via The Sound Projector

Machinefabriek’s “Spelonk” reviewed by SilenceAndSound

Artiste ultra prolifique constamment sollicité pour la composition de musiques de films, pour le théâtre ou la danse, Rutger Zuydervelt aka Machinefabriek a peu, voir pas du tout de temps, pour créer de la musique qui soit sans contrainte extérieure et donc purement personnelle, ce qui est le cas pour Spelonk, élaboré lors de sessions d’improvisations live.

Les trois titres sont une plongée dans un océan de sonorités naturelles, retravaillées à coups d’effets pour créer un système électro-acoustique à la beauté planante, immersion dans trois univers ambiant aux propriétés singulières, partageant le même goût pour le travail d’orfèvre, tant tout est merveilleusement dentelé et ciselé.       

Spelonk combine les multiples facette de l’artiste, alliant expérimentations hantées et création de mondes traversant l’espace, pour percuter avec les courbes de l’immensité. Superbe. Roland Torres

via SilenceAndSound

New release: Matilde Meireles’s “Two (Another Way)”

Cover for Matilde Meireles’s “Two (another Way)"

In advance of Matilde Meireles’s Four Tales, this single contains an alternative edit of tale TwoTwo (Another Way) is an improvisation based on a series of loops of made from movements of water; raw electromagnetic pulses recorded with an electromagnetic sensor and a VLF antenna; electromagnetic pulses transformed into drones, rhythmic pulses and imagined animal calls.

While Two created a continuous sonic journey between two locations along the River Lagan, Belfast, Two (Another Way) suggests that listening itself can unfold in multiple ways, uncovering different sonic flows within the urban-aquatic entanglements at the heart of Four Tales.

Two emerged from the listening sessions Matilde created for DRIFT, a collaborative floating architectural installation and public space that fostered new perspectives on city-river connections along Belfast’s River Lagan during summer 2024. Commissioned by Belfast City Council, DRIFT brought together OGU Architects, MMAS Architects and Matilde Meireles.

Matilde Meireles is a sound artist and a field recordist whose work often “spins like the reel of an unseen film” (Chain DLK). Her work is deeply exploratory, blending improvisation and other sonic flows with multiple approaches to field recording. Through these immersive sonic drifts, she attunes to and reveals entanglements across various sonic spectrums, scales and temporalities of the spaces around us.

Her practice takes shape through live performances, album releases, multi-channel installations, community-driven projects, workshops, academic and creative publications. Her work has been broadcasted on BBC Radio 3, Resonance FM, NTS Radio and radio stations across Europe and North America.

Her previous album Loop. And Again. (Crónica, 2024) weaves intimate recordings of Belfast’s telecommunication infrastructure with ambisonic field recordings and hydrophone recordings from the River Lagan — described as “part social experiment, part sonic ecology” (Bandcamp Daily) that reveals “golden sonic magic” within the city’s electrical hum (The Wire Magazine), that “should get the rest of the world listening to Belfast, too” (Bandcamp Daily).

Machinefabriek’s “Spelonk” reviewed by Inactuelles

Le chiffre 6 placé auprès du nom est indicatif, car Rutger Zuydervelt, alias Machinefabriek, est présent ici au moins deux fois plus en raison de ses nombreuses collaborations, par exemple avec Bruno Duplant pour Edge of Oblivion en mai 2024, ou avec Giovanni Di Domenico pour Painting A Picture / Picture A Painting en juin 2025.  À côté des nombreuses musiques qui lui sont commandées pour des films, des spectacles divers, il continue de développer une œuvre personnelle spontanée, comme ce nouveau disque Spelonk (Caverne), constitué de trois pièces construites à partir d’improvisations retravaillées en un temps assez court avec des pédales d’effets, un oscillateur et des procédés électroniques. Il n’aime pas que les choses traînent en longueur, pour qu’elles gardent une partie de leur spontanéité originelle.

Dans le sillage d’Edgar Poe et de Lovecraft… 

    Une pièce “courte”, un peu plus de six minutes, suivie de deux longues, d’environ dix-huit minutes chacune : “Spelonk” I, II, et III, tout simplement. Rutger Zuydervelt nous invite dans une caverne, la caverne où prennent naissance les sons sculptés de son univers. Bourdons légers, rayonnants, rebonds et craquements, vagues montantes de bourdons plus profonds : nous appareillons sur un étrange navire, pour un cheminement souterrain, sous des glaces peut-être – je me souviens encore du si beau Stillness soundtracks pour le film d’Esther Kokmeijer, tourné au Groenland et en Antarctique. Car on croit entendre des mouvements tectoniques dans ce milieu où tout est assourdi, comme vaporisé. C’est un monde de frémissements, d’esquisses, pour des apparitions fantomatiques.

   “Spelonk II” se fait encore plus diaphane au début. Rutger Zuydervelt travaille des textures intra-lumineuses, si je puis dire, textures qui se déploient en sinueux mouvements lents créant un continuum sonore moiré, au bord de l’évanouissement, mais sans cesse renaissant. Rythmée par des frappes percussives sourdes, c’est une navigation dans des paysages fastueusement étranges, jouant sur des contrastes puissants entre lourds graves abyssaux et aigus ultra légers, tourbillonnants et erratiques. Peu à peu, sur fond de boucles, s’installe une atmosphère hypnotique, hantée par des chants subliminaux. Et l’on arrive aux pays des brouillards opaques, au cœur d’une matière doucement radieuse…

    Au début de “Spelonk III”, la matérialité des sons augmente. Une balle rebondissante, des gloussements sonores et de micro virgules espiègles créent un univers à la Joan Miró. Le tout est à nouveau porté par un flux bourdonnant, griffé et faillé. Quelque chose monte, envahit, charrie. La musique de Rutger Zuydervelt circonscrit l’innommable, donne corps à des mondes d’invisibles. Cette fois, « Dans sa demeure de R’lyeh, le défunt Cthulhu attend en rêvant »  dirait-on ! S’il est ici, à sa manière, le cousin musicien de Howard Phillips Lovecraft, Machinefabriek apprivoise l’horreur cosmique et en distille l’envoûtante beauté.

Machinefabriek reste l’un des enchanteurs de la musique électronique!

via Inactuelles